COMPRENDRE LE DÉSIR PERSONNEL

LE DÉSIR PERSONNEL : BESOIN OU PULSION ?

Vous est-il déjà arrivé de désirer quelque chose ? Avez-vous déjà ressenti ce besoin de carburant pour atteindre vos objectifs ? Est-ce véritablement un besoin ou une pulsion ?

Nous pouvons en parler en terme de carburant, de besoin, de pulsion, de raison et pourtant nous en revenons toujours à la même chose : le désir ! C’est la raison qui vous pousse réellement vers quelque chose. Au plus vous aurez un désir ardent et passionnel, au plus vous aurez de chance d’arriver à vos objectifs et à la réussite de vos projets.

Des obstacles ?

Est-ce que vous rencontrerez des barrières sur votre route ? Des obstacles ? Oui, il n’y en a aucun doute. Vous serez distrait, vous serez tester, vous serez abattus devant l’ampleur de la tâche à réaliser et pourtant c’est avec le feu du désir que vous continuerez à avancer quoi qu’il arrive car vous avez la flamme.

Une simple envie ne vous mènera pas loin

Si vous avez envie de quelque chose c’est un bon départ et pourtant ce n’est pas suffisant. Cela vous permettra de réaliser de petits projets et de gagner des batailles mais vous ne gagnerez pas la guerre avec de simples envies. Néanmoins, avoir un désir brûlant vous amènera à réaliser des exploits et vous permettra d’arpenter constamment le chemin de la réussite.

 

 » Le point de départ de toute réalisation est le désir. Garder cela toujours à l’esprit. Un désir faible donne de maigres résultats, tout comme un feu chancelant réchauffe peu. » Napoléon Hill

 

Et pourtant le désir est difficile à saisir

Le désir peut vraiment être qualifié d’une chose multiforme et même à plusieurs cerveaux. Il peut aussi être qualifié comme la définition suprême de l’Homme. En effet, l’Homme entretient une relation ambiguë et difficile entre ses besoins et ses pulsions. C’est aussi l’espace qui existe entre l’attirance et la répulsion, entre le déchirement et ce qui nous comblera.

Le désir peut prendre plusieurs formes

Le désir en action Le désir peut vraiment être vu comme l’amour, le souhait, la volupté, l’intensité, la volonté, l’engendrement, la combativité, etc. En plus de prendre autant de forme, il donne à celui qui l’écoute l’impression d’être englobé dans quelque chose de plus grand qui le lancera dans un élan irrésistible. Enfin, le désir à des résonances multiples. Il se fait autant la voix de la violence que celle de la passion. Il pousse celui qui est atteint par le désir à une attirance toujours plus forte de l’objet ou de la chose convoitée.

Une source d’incompréhension

Si je voulais vous parler du désir d’une manière simple et bien je dois faire un constat sans appel : il est pratiquement impossible de le faire car on ne peut pas l’expliquer uniquement d’un point de vue rationnel. En effet, vous pouvez désirer une chose et en même temps ne pas en désirer une autre alors que la différence entre ces deux choses est presque inexistante.

Le désir et le monde visible

Analyser le désir uniquement par les répercussions dans le monde visible est totalement insuffisant. Il faut impérativement aller chercher les sources du désir dans le monde invisible pour en comprendre mieux les tenants et aboutissants. De plus, le désir affecte certains individus de manière plus ou moins forte et durable tandis qu’il en freine complètement d’autres. Et pourtant le désir c’est aussi le simple fait d’envisager une possibilité, le fait de posséder un objet spécifique, de changer sa vie pour le meilleur, de tendre inexorablement vers ce que vous n’avez pas, de combler une pulsion, un besoin, un manque très important.

Le désir est une invitation à l’action

Enfin, le désir c’est tout d’abord un acte, celui du désiré qui se déploie au travers de l’action qui peut être importante et significative pour qualifier le désir lui-même. De cette manière, le désir n’est pas séparable de l’action qu’il engendre car il en est le point de départ, tout autant que le point d’action et le point de finalité. Il y aura toujours une grande difficulté à aborder le désir dans ce rapport entre besoins et pulsions. En effet, le désir fait le lien entre une prise de conscience d’être à la fois une individualité et une invitation à l’altruisme.

Désir, besoins et pulsions

Le désir est véritablement la condition de tout projet. C’est ce qui rend tout espoir à la concrétisation. Le désir met en avant le côté perfectible de l’humain et pourtant il est :

  • un puissant moteur qui permet à toute personne de se projeter hors de lui-même
  • de passer à l’action rapidement
  • d’aller vers sa rencontre autant que celle des autres
  • de sortir de sa zone de confort
  • d’échapper à la solitude
  • l’étincelle d’une puissante machinerie qui pousse l’humain à sa réalisation

Et pourtant, c’est faire l’apologie du fait que l’humain n’est pas un être fini et sans aucune faille sans quoi il serait complètement fermé sur lui-même. Il serait abattu et tourmenté par une suffisance profonde qui ne lui permettrait pas de se rapprocher et de rencontrer l’autre.

Le manque, un déclencheur du désir

C’est ainsi que le manque déclenche le désir en lui permettant de se déployer sous toutes ses formes. Il faut pourtant retourner chez les anciens philosophes comme Platon pour comprendre que le désir n’est pas uniquement négatif et qu’il était déjà une source de réflexion profonde.

Ce que nous apprend Platon

Il est une chose primordiale qu’il faut retenir du désir tel que le voyait les anciens philosophes comme Platon. Pour eux, il n’y a pas de lien nécessaire entre désir et possession. Tout comme il n’y en a pas non plus entre le manque et la possession ou encore entre ce qui peut être considéré comme vide et ce qui peut être considéré comme plein. Il faut voir véritablement le désir comme une force productrice fondamentale. Le désir produit et engendre de manière constante. Le désir peut même pousser dans des extrêmes et amener à l’excès. C’est pourtant une énergie formidable que de mettre le désir en manque car il déploie alors toute son inventivité et sa créativité pour étancher le vide qui le consume.

 

 » Mettez le désir en manque et il déploiera toute son inventivité et sa créativité. « 

 

Désirs et besoins sont pourtant très différents

Ballon filant vers le cielLe désir est pourtant très différent du besoin car il ne peut nullement être catégorisé comme une simple pulsion.

Le désir comme besoin, c’est faire état qu’il est une partie d’un prisme complexe. Il ne fait pas partie d’une entité spontanée. Cela ne peut pas être résumé à une simple poussée provenant d’un instinct presque animal qui amènerait l’individu à réaliser des objectifs et des projets. Il n’est pas non plus réductible à un état de tension toujours plus fort. Enfin, il trouve des formes différentes chez tous les individus et ne peut pas être résumé de manière unique.

Désir et satisfaction

En même temps, le désir ne vise pas uniquement à combler des satisfactions. Faut-il s’en convaincre ? Le désir ne peut pas être comblé par la possession d’un objet, d’une chose, ni même à l’utilisation de ce même objet ou de cette même chose. On peut dès lors dire que le désir se place bien au-dessus de la satisfaction et de l’insatisfaction qu’il peut générer.

Le besoin, quant à lui, pourra se voir défini par la nécessité, la consommation ou encore l’assimilation tandis que le désir peut lui survenir alors même que la satisfaction n’est pas encore envisageable.

Prenons un exemple :

Lorsque vous avez faim, vous avez un désir de nourriture. Vous voulez un certain plat précis peut-être. Et, ce besoin peut totalement disparaître par la consommation de l’aliment désiré ou non car finalement c’est votre besoin qui a besoin d’être comblé et pas nécessairement votre désir. Vous pouvez d’ailleurs désirer manger un certain plat parce que vous avez faim et combler votre besoin et pourtant votre désir sera toujours aussi ardent.

C’est de cette manière que le besoin et le désir se distingue complètement l’un de l’autre et que l’on ne peut décidément pas l’assimiler à un besoin. Il peut toujours survenir un désir avant, pendant et après un besoin mais il n’est nullement réductible au fait de combler ces mêmes besoins.

Désir, besoin et altérité

Lorsque vous avez faim, vous pouvez combler votre besoin en vous nourrissant. Quand vous ressentez un besoin de connaissances, vous pouvez apprendre par la lecture, par Internet, par des vidéos et vous pouvez également satisfaire votre besoin. On peut parler du fait que l’on comble leur « altérité ».

Entrée en scène du désir

Lorsque par contre vous placez le désir en lice, vous ne pouvez pas combler l’altérité. En effet, si l’on prend comme exemple le désir sexuel, on ne peut pas priver l’autre personne de son altérité. L’autre en tant que tel ne peut pas disparaître comme lorsqu’il s’agit de nourriture ou de connaissances. Lorsqu’il s’agit de besoin, on peut le satisfaire en assimilant « l’autre » mais pas dans le cas du désir. Vous pouvez difficilement faire disparaître « l’autre » lorsque le désir est présent. Il faut à  nouveau distinguer besoin et désir.

Le premier va entraîner l’utilisation d’objets, de choses dont on manque et par lesquels on va les utiliser pour combler ce manque et ainsi le faire disparaître. Le deuxième, a contrario, considère que l’autre est au-dessus d’un simple moyen, d’un objet d’une chose que l’on peut posséder et faire disparaître après son utilisation. C’est ainsi que le désir pour autrui ne peut pas se résumer à un besoin que l’on comble comme un autre qui le serait tout simplement par un « avoir ».

C’est toute la nuance qu’exerce le désir sexuel

Couple en plein désir charnelEn effet, le désir sexuel existe et s’épanouit dès lors que l’on renonce à utiliser son désir comme une chose à consommer. Car dans ce cas de figure, on comble un besoin qui est assimilé à un désir et l’autre ne sert qu’à assouvir un besoin et non un désir.

C’est ainsi que pour faire maintenir le désir le plus longtemps possible, le désir pousse l’individu vers un autre dans l’idée qu’il y aura une prise possible de l’autre. Alors qu’elle n’est en fait pas du tout possible sans quoi vous assimilez besoins et désirs.

Assimilation du besoin et du désir

Dans le cas où vous procédez à une assimilation, vous comblez tout simplement votre besoin comme vous combleriez votre besoin de connaissance ou de nourriture. Vous contribuez dès lors à faire disparaître le désir.

Pour que le désir perdure, l’autre doit être maintenu dans ce que nous ne sommes pas. Il doit nous renvoyer un autre manque constant pour lequel nous avons l’illusion de croire que nous pouvons le combler. C’est ainsi que le désir s’entretient constamment du manque que nous pensons un jour pouvoir combler.

Désir et possession totale

Dans ce cas de figure, l’autre n’entre pas dans le cadre d’une possession, il est toujours perçu comme un obstacle et ne peut pourtant pas être éliminé. Il vous échappera toujours. Le désir révèle donc toujours ce qui nous manque, ce qui est absent ce qui nous oblige à renoncer à une possession totale.

Et le désir de fusion ?

Certains seraient bien tentés de dire que dans la fusion de deux êtres on peut arriver à la possession totale. En fait, cela ne fait aucun doute et certains y arrivent même. Les conséquences sont pourtant irrémédiablement destructrices car on procède alors à un effacement de l’autre où l’on détruit à la fois son propre désir mais également celui de l’autre. On aboutit finalement à la suppression de l’autre (comprenez la suppression de la relation).

C’est ce qui fait que la possession tendra malheureusement à la destruction de la présence de l’autre car elle ne confirmera que notre présence. Vous effacerez dès lors l’autre personne car vous l’avez réduite à une simple chose. C’est un processus de déshumanisation. Vous avez vu dans l’autre un moyen à l’assouvissement de vos besoins et pas du tout comme un individu pris dans sa globalité qui tend vers une finalité.

Est-ce que le désir a une fin ?

Le désir n’est jamais fini. C’est quelque chose qui n’est jamais abouti ou déterminé une fois pour toute. Si vous pouvez lui donner un point final, c’est qu’il s’agit d’un besoin et non d’un désir. Si on doit référencer le désir on peut très facilement le prendre comme l’image de l’horizon. Il est insaisissable, il recule tout le temps, il est en constante expansion et il se référencie plus à une subjectivité que chacun définira par lui-même.

C’est ainsi que le désir se verra apparenté à une attirance pour l’extrême, le vertige, pour la chute, le chaos. L’approfondissement continuel et irrémédiable de soi. Le désir c’est aussi prendre toute l’importance du sens de l’angoisse qu’il véhicule. Celui sans lequel la sexualité ne serait que mécanique et animal sans aucun attrait érotique et charnel.

L’effet miroir du désir

Le désir c’est à la fois cela et son contraire. Il y a cette nuance extraordinaire de nous mettre face a ce qui nous paralyse tout en nous permettant de bouger, de passer à l’action et de changer tout ce que nous voulons de notre vie.

Dans la rencontre sexuelle, les désirs se mêlent et s’entremêlent. Il met en place une compréhension intimiste. Il va jouer sur la frontière à la fois fascinante et terrorisante du don et de la perte. L’autre reste constamment au-delà de toute emprise. Il demeurera éternellement ce que l’on ne peut pas s’approprier définitivement. C’est en cela que le désir crée la rencontre amoureuse et développe un système incomparable à tout autre :

 » Ce n’est ni une fusion ni une lutte, le désir est la consécration de la rencontre avec l’autre. « 

 

Reconnaître ses failles

En cela le désir est profond et sans équivalent. Il fait appel à nos peurs les plus profondes et à nos atouts les plus précieux. Le désir va chercher à combler tout autant qu’à vider. Désirer c’est admettre que l’on est indépendant tout en étant dépendant de l’autre. C’est accepter de construire et déconstruire pour grandir et réussir. Finalement le désir c’est apprendre à consentir, à découvrir et à donner du sens.